UN BIMOTEUR PIPER NAVAJO CONVOYÉ ENTRE LA MÉTROPOLE ET LA RÉUNION Autrefois relativement monnaie courante, notamment pour amener jusqu'à notre île les appareils destinés aux aéro-clubs locaux, les vols de convoyage entre la métropole et la Réunion se font rares. Les avions voyagent en conteneurs et sont remontés sur place. Dans le cas du Delta Tango l'opération aurait présenté, du fait de la taille de la machine, une impossibilité technique. François Rodier, Patrick Serry, Daly Eraya, André Law-Waï et Christian Lile ont constitué l'association Out Promotion pour faire l'acquisition de ce Piper Navajo. "Nous sommes les membres fondateurs, explique le président François Rodier, mais toute personne peut adhérer moyennant une cotisation annuelle de 100F. L'avion, dont la capacité est de six passagers peut ensuite être loué avec un pilote 2 500 F l'heure de vol. Nous envisageons de faire avec lui des vols vers les autres îles de l'océan Indien". Construit en 1973, Delta Tango a volé sous les couleurs de la Marine nationale puis a été utilisé par un privé, installé à Reims, pour faire de la recherche géodésique. Celui-ci ayant décidé de le remplacer par un Cessna Caravan, mieux adapté, l'a vendu à Out Promotion. Avant son départ pour la Réunion, l'appareil est passé dans les ateliers de Reims Aviation. Restait à le convoyer jusqu'à notre île. L'association s'est assuré le concours de Patrick Marchat, instructeur à l'aéro-club Roland-Garros qualifié bimoteur et sur Piper Navajo, et de Nicolas Cadet pilote au club. André Law-Waï et Christian Lile, pilotes tous les deux ont participé au périple. "Après un vol de prise en main sous la neige mercredi de la semaine dernière, raconte Patrick Marchat, nous avons décollé de Reims jeudi et fait escale à Rome, Heraklion en Crête, Louxor, Khartoum, Addis-Abeba, Mombassa, Mayotte, Majunga d'où nous avons rallié d'un seul coup d'aile la Réunion. Au total nous avons tenu l'air 39h30 mn en volant pour l'essentiel de jour et la plus longue étape a été de 9h. Le pilote automatique n'étant pas très fiable, nous nous sommes relayés aux commandes et le GPS s'est révélé un auxiliaire précieux pour pallier la carence des moyens de navigation au sol". Dans l'ensemble, ce voyage d'une semaine s'est bien passé. "Avant de partir, indique Patrick Marchat, les spécialistes des vols de convoyage nous ont déconseillé le survol de l'Ethiopie en raison des combats en Erythrée. Une évacuation sanitaire avait été refusée juste avant notre départ par les autorités éthiopiennes. En fait, nous n'avons eu aucune difficulté à Addis-Abeba mais il nous a fallu contourner l'Ethiopie par le sud, le couloir aérien nord étant fermé". Les dollars, les chemises blanches, les galons dorés et les cravates noires ont été d'un grand secours. "Dans tous les pays d'Afrique où nous avons atterri, confirme l'équipe, c'est le règne du bakchich. Chacune des escales nous a coûté en moyenne 9 000F. En revanche les "uniformes" nous ont bien simplifié les choses". Les conditions météorologiques ont été plutôt favorables à l'équipage. "Nous avons eu la neige au départ, indique Patrick Marchat, mais le temps a été beau sur tout le parcours. Cela s'est gâté entre Mombassa et Mayotte. Nous avons rencontré des cumulonimbus énormes montant jusqu'au niveau 410. Notre radar météo n'étant pas parfaitement fiable, nous avons eu la chance de pouvoir établir un contact radio avec un équipage d'Air France qui nous a indiqué une route plus à l'est nous éloignant ainsi des masses orageuses". Delta Tango prendra ses quartiers dans le Sud sur l'aéroport de Pierrefonds qu'il rejoindra prochainement. Alain Dupuis Document de : Le Journal de l'Ile - Réalisation : Stor Informatique - Ile de La Réunion ^ Haut de la Page ^
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